2026-04-21_Croazia-6.jpg 2026-04-21_Croazia-6.jpg

« L’évangélisation est une dynamique de rencontre qui prend chair dans un contexte relationnel, entre les personnes et entre les cultures. Plus nous nous approchons des racines vitales d’une personne ou d’un peuple, plus nous nous reconnaissons frères et sœurs en humanité. »

Comment annoncer l’Évangile parmi des peuples et des cultures différents ? Qui est vraiment le missionnaire ? Que signifie rencontrer l’autre ? Comment reconnaître l’œuvre de Dieu ?

Telles sont quelques-unes des questions qui ont traversé la réflexion de sœur Simona Brambilla lors de la 22e Assemblée générale de l’UCESM (Union des Conférences Européennes des Supérieurs Majeurs), réunie à Marija Bistrica, en Croatie, autour du thème : « La vie religieuse et les cultures : quelles conséquences pour notre vie et notre mission ? ».

La 22e Assemblée générale de l’UCESM (Union des Conférences Européennes des Supérieurs Majeurs) a réuni à Marija Bistrica des représentants des Conférences de Supérieurs Majeurs de 21 pays européens autour du thème : « La vie religieuse et les cultures : quelles conséquences pour notre vie et notre mission ? ». La culture de la protection, le monde numérique, l’interculturalité, la culture des jeunes et l’avenir de l’UCESM ont rythmé des journées de dialogue, de prière et de célébrations partagées avec l’Église locale. La Préfète du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique a participé à la rencontre, accompagnée de Daniela Leggio, l’une des responsables de bureau du Dicastère.

Dans son intervention, sœur Simona est entrée au cœur de la relation entre l’Évangile et les cultures. On ne peut ignorer la réalité de ceux qui reçoivent l’annonce, a-t-elle rappelé, car l’inculturation n’est ni une concession secondaire ni une simple stratégie pastorale, mais une exigence intrinsèque de la mission de l’Église. Évangéliser signifie entrer « avec respect et amour dans l’histoire concrète des peuples », afin que le Christ puisse être connu et accueilli à partir de leur expérience humaine et culturelle. Cela signifie accueillir les langues, les symboles, les manières de penser, de sentir et de s’exprimer comme des lieux où la grâce désire habiter et agir.

Les cultures n’existent pas de manière abstraite. Il existe des personnes qui grandissent dans une culture, la reçoivent, l’incarnent, la transforment et la transmettent. C’est pourquoi « il n’y a ni vie ni mission en dehors de la rencontre et donc de la relation ». Plus la relation s’approfondit, plus nous nous approchons des racines vitales d’une personne ou d’un peuple, et plus nous nous reconnaissons frères et sœurs en humanité.

C’est aussi de là qu’émerge le visage du missionnaire. Commentant le passage évangélique de Lc 10, 1-10 sur l’envoi des soixante-douze disciples, sœur Simona a souligné que l’envoi n’est pas une aventure solitaire mais une réalité relationnelle. Le portrait dressé par la Préfète se décline à travers des mots tels que faiblesse, désarmement et abandon. « Mains vides, pieds nus, pauvreté radicale. » Non pas le recours aux structures du pouvoir, mais la petitesse désarmante. Non pas le missionnaire au centre de l’annonce, mais « le visage de Dieu que nous pouvons, avec simplicité, rendre transparent et accessible ».

Le premier acte missionnaire ne consiste pas à apporter quelque chose, mais à entrer, offrir le salut de paix, se laisser accueillir, recevoir l’hospitalité, manger et boire ce que l’autre offre, demeurer. Il n’appartient pas à l’envoyé de forcer quoi que ce soit ni de priver l’autre de sa liberté et de sa responsabilité. Il s’agit plutôt de reconnaître le bien déjà présent et de lui donner un nom. « Évangéliser implique de reconnaître une présence déjà à l’œuvre. »

« Que devons-nous faire pour accomplir les œuvres que Dieu veut ? » Lors de la Messe d’ouverture de l’Assemblée, le père Jānis Melnikovs SJ, président sortant de l’UCESM, a repris la question de l’Évangile en indiquant un choix : face au mal, à la violence, au cynisme et à l’intolérance, on peut choisir de se résigner ou d’agir à l’inverse et de briser « le cercle vicieux du cynisme, de l’intolérance et du mal ». La vie et le monde sont remplis à la fois d’incertitude, d’insécurité, d’ambiguïté, de sens et de non-sens ; chercher une vie sans doute et sans risque reviendrait à chercher un monde qui n’existe pas. C’est pourquoi la foi n’est pas une certitude inébranlable dans l’impossible, mais « le courage de vivre avec l’incertitude ». D’où l’invitation adressée aux participants : « Essayez, et vous verrez ce qui arrivera. »

L’Assemblée s’est conclue par l’élection du nouveau Comité exécutif de l’UCESM. Sœur Ângela de Fátima Coelho da Rocha (Portugal) a été élue présidente ; le frère Miljenko Hontić OFMConv (Croatie), vice-président ; et sœur Alfonsa Karapata MSSR (Ukraine), conseillère.

À Marija Bistrica étaient présents des représentants des Conférences de Supérieurs Majeurs d’Albanie, de Belgique, de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, de République tchèque, d’Allemagne, de France, de Grèce, de Hongrie, d’Irlande, d’Italie, de Lettonie, de Lituanie, de Malte, des Pays-Bas, de Pologne, du Portugal, de Slovaquie, de Slovénie, de Suisse et d’Ukraine.

Que la vie consacrée, en Europe et partout dans le monde, soit une « maison accueillante, sacrement de rencontre et de salut, école de communion pour tous les fils et toutes les filles de Dieu » : tel est le souhait confié par sœur Simona Brambilla aux participants de l’Assemblée. Une vie consacrée appelée à être l’expression vivante d’une « Église synodale faite de liens qui unissent dans la communion et d’espaces ouverts à la diversité de chaque peuple et de chaque culture ».